Tokyo Alien Bros (1ère partie)

Quand deux aliens font une rétrospection sur la nature humaine ! 

Tokyo-alien-bros-1-lezard-noirBonjour à tous, j’espère que vous passez un excellent début de semaine ! Pour ma part, je suis tout émoustillée à l’idée de rédiger cette chronique. Je pensais même à certains moments, aux éléments que j’allai incorporer au cours de ma lecture, c’est pour dire ! Il s’agit d’une œuvre pour le moins récente, puisque sa sortie a eu lieu aujourd’hui même (04.05.17) Et je ne vous raconte pas toutes les péripéties que j’ai eues pour, enfin, avoir accès à cette œuvre ! Il s’agit bien évidemment du premier tome de Tokyo Alien Bros, scénarisé et dessiné par Keigo Shinzo, publié par Le Lézard Noir. Avant de commencer je tiens à préciser, (même si cette information est déjà définie dans la rubrique) que cet article contiendra du spoil , donc si vous n’avez pas encore lu le récit, je vous conseille de revenir, une fois cela fait. Mais si le spoil vous convient, libre à vous de continuer. Donc TAB (Tokyo Alien Bros) est une série en cours avec 3 tomes à la clé. Le premier tome est au prix unitaire de 13 €. Alors, pour cet opus je compte vous faire une analyse chronologique, en reprenant les différents points qui m’ont marqué au cours de ma lecture. Ainsi, ce que l’on peut apercevoir au premier coup d’œil est cette sublime couverture ! N’est-elle pas pimpante ? À  l’image de nos deux protagonistes. Même si cela n’est pas très écologique, je tiens à vous informer que le récit est plastifié, chose plutôt sympa, ainsi celui-ci n’est pas abîmé à chaque recoin.

Nous faisons donc la rencontre de Fuyunosuke Tanaka, un alien « infiltré » sur Terre, pour déterminer si leur espèce pourrait s’y installer. Et de prime abord, celui-ci est plutôt bien stylé, même si on se rend compte dès le début, que la ponctualité n’est pas de son ressort.  On apprend qu’il fait partie d’une bande d’amis nommée « club des amis de la raquette », et donc on en déduit facilement que celui-ci s’est bien intégré auprès de ses concitoyens.  On constate par la même occasion que Fuyunosuke à la cote auprès des autres, et ne tarde pas à fleureter avec la gent féminine. Il a la faculté de pouvoir connaître les faits les plus inavouables, ainsi que le passé d’un humain, à son simple contact.

Et j’ai été surprise par le fait que, la jeune demoiselle en question apprécie qu’autrui se délecte de son urine. Je vous avouerai avoir eu un moment de rire, parce que, c’est là toute la force du récit. L’humour et son côté décalé. La situation aura beau être assez délicate (comme celle-ci) l’humour et la naïveté de notre personnage, (qui apparemment n’a aucune idée de ce qu’il boit) rend le tout très comique. Et j’ai été très sensible à ce mélange.

C’est ainsi qu’on découvre le frère du jeune blond, sous sa forme aliène (et mon dieu que celle-ci est toute mignonne !) Celui-ci est descendu sur Terre parce que son frère n’a pas fait de rapport à leur planète depuis … Depuis son arrivée en fait  J’ai apprécié d’ailleurs sa forme humaine (en touchant la jeune fille qui fut inconsciente après l’avoir remarqué, il prend l’apparence du jeune frère idéal qu’elle aurait souhaité, et celui-ci peut également effacer certains éléments de sa mémoire).  De ce fait, je trouve ça très subtil et judicieux de nous détailler les facultés des aliens de manière progressive. Nous n’avons donc pas, dès le début, une grande quantité de connaissance à assimiler et retenir durant la lecture.

Je ne vais pas vous détailler toutes les péripéties (cela serait trop long), mais au fil de la lecture, nous comprenons que Natsutarô Tanaka, (c’est ainsi que le jeune blond baptisa son frère) n’est pas très dégourdi, et enchaîne les catastrophes. Mais j’ai apprécié ce personnage, car au travers de cet alien inexpérimenté, nous redécouvrons, nous lecteurs, toutes les habitudes, les anecdotes, et les coutumes de notre espèce. Ainsi, nous pouvons avoir un « regard extérieur » sur notre comportement, et notre nature même. Et cela est fort intéressant !

La petite anecdote qui accentue la touche humoristique : S’il rentre en contact avec une grande quantité de sel, leur corps se met à fondre !

Car quand bien même Fuyunosuke s’est habitué à la vie humaine, certaines choses échappent encore à sa compréhension (cf : le bouquet de fleurs dans la figure, même si je dois avouer qu’elle était plutôt susceptible cette jeune femme), même après 1 an d’infiltration. Et c’est là que l’on se rend compte de toute la complexité humaine, et du monde que nous bâtissons.

J’ai apprécié également la notion « d’animaux de compagnie ». Que voulez-vous, je suis une amoureuse de ces boules de poiles ! Bien que pour les aliens, ils ne font aucune différence,  je cite : « pour nous un frisbee ou un chien c’est la même chose ». Cependant lorsque « Le chien » s’installe sur les genoux de Natsutarô, l’expression du (jeune homme ?) est remarquablement adorable ! Et on s’attache ainsi un peu plus au personnage, parce que la scène influence notre jugement ! (Pour la plupart des gens, la planche au dessus ne peut que les émoustiller !)

Chose qui me frappa également, c’est le niveau de langue, un mixte entre le langage courant et familier. Mais cela passe très bien, et se fond parfaitement à l’histoire et à notre époque actuelle !

Le graphisme quant à lui est à la fois épuré et raffiné, même si je dois avouer que certaines planches sont gracieusement détaillées, pour mon plus grand bonheur, c’est un dessin qui convient parfaitement à l’histoire, et au sentiment qui s’en dégage.

Il y a de nombreuses anecdotes, ou coutumes que je n’ai pas citées, mais pour ceux qui n’auraient pas encore lu l’histoire, je tiens à laisser une pointe de surprise. Ainsi pour résumer en quelques lignes, je dirai que cette œuvre décalée, tout en amenant une pointe de fraîcheur, nous replonge dans la nature profonde qu’est l’être humain, et sa façon d’ériger le monde qui l’entoure.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette rubrique dégantée !

Cordialement, Euphox !

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Everyday

Quand le contraste se lie avec harmonie 

everyday - couvertureBonjour à vous mes chers lecteurs, c’est en cette journée ensoleillée, bien qu’un peu venteuse, que je commence ces quelques lignes. Aujourd’hui nous allons parler d’une œuvre que j’ai lu il y déjà quelques semaines de ça. Ainsi, veuillez m’excuser par avance si mes propos restent superflus. Pour une fois, l’histoire ne me laissa pas indifférente. Bien évidemment plusieurs œuvres ont cet effet, mais toujours de manière positive. Je ne dirais pas que le récit en question ne m’a pas plus de manière générale, mais disons que je n’ai pas forcément réussi à m’attacher aux protagonistes. D’ailleurs cette chronique ne suivra absolument pas le cheminement classique, tel que je le fais d’habitude. Je vais laisser ici parler mes sentiments, même si ceux-ci ne sont pas objectifs. Enfin, traite de bavardage, passons aux informations.

Nous allons bien évidemment aborder l’un des récits de Kiriko Nananan. Il s’agit d’Everyday, publié par Casterman dans leur collection sakka. Pour ceux qui souhaiteraient se remémorer l’histoire, je vous laisse cliquer sur le lien. Cette œuvre est donc composée d’un seul volume au prix unitaire de 10.95 €.

  • Un scénario insipide… à première vue !

Alors, pour tout vous avouer, lorsque j’ai fait ma commande, je n’ai absolument pas regardé le synopsis. J’étais déjà admirative de la sensibilité que dégageait l’autrice par son coup de crayon, que peu importe l’histoire, celle-ci m’aurait convenu. Et ce fut le cas. En tout cas, je n’ai absolument rien à reprocher à l’auteure, elle ne m’a nullement déçu. J’ai même retrouvé toutes ses qualités, mais j’ai eu énormément de mal avec les deux protagonistes.

Alors, tout commença dès les premières pages. Nous faisons donc la rencontre de Miho, jeune femme travaillant en tant que vendeuse, et finance à elle seule le ménage. Son petit ami Seiichi quant à lui, se consacre essentiellement à la musique. Dès le départ je savais que j’aurais énormément de distance avec ce personnage féminin. Et ceux, pour une raison tout à fait personnelle : je ne cautionnais pas son côté laxisme envers son petit ami. Et la suite du récit ne m’a pas fait l’apprécier davantage.

J’ai notamment désapprouvé sa lâcheté envers Seiichi, lorsqu’elle s’est mise à fleureter avec son ex, Hagio. En arriver à un point où l’on souhaiterait que ce soit notre petit ami qui mette un terme à la relation (et c’est ce qui arrivera), sous prétexte qu’elle n’avait pas le courage de le faire elle-même, c’est vraiment décevant. J’estime qu’à partir du moment où tu fais un acte impardonnable, il faut agir en conséquence de cause. Bien évidemment, ce n’est que mon avis personnel. Certains diront qu’il vaut parfois mieux un mensonge, que rendre quelqu’un malheureux. Mais c’est toutes ces réflexions, ces comportements qui ont fait que je n’arrivais pas à ressentir de l’empathie pour ce personnage.

« Ce que je fais avec Hagio, c’est peut-être aussi dégueulasse que ça… Pourtant je voudrais tant prendre soin de Sei. Il est si important pour moi. Ma mauvaise conscience m’angoisse tellement, que je n’arrive même plus à le regarder en face. Quand je suis avec lui je me sens si mal que je n’ai qu’une envie, c’est de fuir. Si seulement Sei pouvait me flanquer dehors ! S’il ne voulait plus de moi, je pourrais rejoindre Hagio… »

Son petit ami quant à lui, bien qu’il reste tout de même secondaire, me plut « un peu plus ». Je veux dire par là que, lorsqu’il apprend qu’elle a eu un rapport sexuel pour de l’argent, j’ai cautionné son attitude. Mais en même temps, je ne pouvais pas m’empêcher de lui dire « Si tu avais cherché un emploi, vous en seriez peut-être pas la aujourd’hui ». Puisqu’une relation n’est jamais tout noir ou tout blanc, j’estimais qu’il avait tout de même sa part de responsabilité.

Les autres personnages secondaires (je pense notamment à la patronne de Miho, et leur « amie » en commun, travaillant comme hôtesse dans un bar) m’ont énormément plu. Peut-être parce qu’elles sont davantage matures, et ont une vision de la vie beaucoup plus réaliste et peut-être plus pragmatique.

L’hôtesse Rika, quant à elle, m’a énormément touchée. On apprend que l’homme qu’elle entretenait auparavant était l’ex petit ami de Miho, Hagio. Quand elle lui explique pourquoi elle a arrêté de le « bichonner » , je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir de l’affection. Surtout qu’elle conseillera Miho sur ses différents choix.

Pour terminer, je suis énormément surprise de la fin, bien que j’ai été un peu désappointé au cours de ma lecture, j’ai totalement adhéré à la fin du récit. Enfin, Seiichi prend conscience que leur ménage ne fonctionne plus, et prend les devants. Ainsi, on se sent nostalgique vers les dernières pages, en repensant au couple qu’ils formaient malgré tout.

Sinon, pour parler un peu plus spécifiquement de Kiriko Nananan, j’ai apprécié son coup de crayon, très épuré et aéré, avec des lignes filiformes et élancées. L’énonciation et la formulation sont poignantes, et avec une grande sensibilité. Car elle lie très finement ce contraste entre la candeur des sentiments et l’amertume de la vie quotidienne.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette ébauche délicate.

Cordialement, Euphox.

Wish

Quand le cadre se prête à l’effervescence d’un amour chimérique

Bonjour à vous mes chers lecteurs, c’est en cette journée ensoleillée, signalant le retour du printemps qu’on se retrouve. Et cette fois-ci ce n’est non pas pour un billet découverte, mais pour un dossier. J’aborderai donc ici un thème très peu présent sur ce blog, puisque je ne lis que très peu de shojo. (À part bien sûr, ceux d’Ai Yazawa). Et je trouvais que cette œuvre s’apprêtait particulièrement à la saison printanière ! Il s’agit bien évidemment de Wish, série terminée en 4 tomes, édité par Tonkam, scénarisé et écrit par CLAMP, dont je vous avais déjà parlé pour leur titre xxxHolic Rei. J’ai entrepris l’acquisition et la lecture de Wish, simplement parce que je souhaite obtenir toutes les œuvres de ces femmes. Cependant, le scénario en lui-même ne me plaisait que très peu, un peu trop candide et innocent à mon goût. Mais pour ce qui est du coup de crayon, celui-ci est, et restera remarquable.

  • La touche esthétique :

Commençons par le commencement. La première chose que l’on observe ce sont bien sûr les couvertures. Et pour discuter de ces jaquettes, je me dois de vous informer que cette série compta deux éditions. La première fut en 1999, (jusqu’aux années 2000 pour la parution du dernier tome), et la deuxième fut réalisée en 2010, (jusqu’à l’année suivante pour la publication également du dernier tome). Je dois bien avouer que j’ai un léger penchant pour la première édition, même si la deuxième, que je possède, reste tout à fait dans le thème voulu par l’auteur.

Editions WISH Tonkam

Chaque tome est globalement au prix unitaire de 9 euros. Et je vous assure que cette série les vaut amplement ! À chaque début de tome vous avez quelques pages couleurs, et la nature du papier (en tout cas pour la deuxième édition) est de qualité. J’ai apprécié le respect des couleurs entre les deux rééditions. Même si les couvertures de la deuxième réédition restent plus explicites.

  • La touche scénaristique :

On ne va pas se mentir, le scénario n’a rien de bien innovent. On va ici, se focaliser sur un jeune ange en détresse, sauvé par un humble jeune homme, plutôt charismatique. Ainsi, pour le remercier, l’ange apprenti souhaite exaucer le vœu du jeune homme, mais celui-ci déclare n’en avoir aucun. Donc, notre jeune Kohaku décide de s’installer chez lui, le temps que celui-ci formule son souhait. Au moins, les bases sont posées, et nous savons à quoi nous attendre. Cependant je n’ai pas trouvé l’histoire autant cliché que j’aurais pu me l’imaginer.

Certes le trame de l’histoire est plutôt lente, et une seule problématique domine ses 4 tomes : les premiers émois amoureux. Cependant au-delà des apparences, se cache une intrigue beaucoup moins ordinaire et abrégée qu’il y paraît. Le passé du jeune chirurgien sera, en effet, rempli d’éléments chimériques et fantasmagoriques. Bien entendu je vous laisserai découvrir cela par vous-même. Mais CLAMP n’a pas choisi la facilité, bien qu’elles auraient très bien pu s’en contenter, je ne pense pas que le public leur en aurait tenu rigueur.

De plus, j’ai agréablement étais surprise par le côté onirique de l’œuvre, ou la Terre représente la paix et le pacifisme. C’est un lieu où peuvent cohabiter anges et démons. Et je dois bien avouer que l’idylle entre certains personnages (Hisui et Kokuyô) et cependant très bien développé, en tout cas, juste ce qu’il faut pour une série constitué de 4 tomes. Nous avons là un couple, qui n’hésite pas à transcrire les règles qui leur sont inculquées pour « s’enfuir » sur Terre, et vivre au grand jour leur amour. Certains d’entre eux endosseront (Hisui) un rôle maternel et également celui de mentor auprès de la jeune Kohaku.

Bien que le monde des anges ne soit pas aussi développé que je l’aurais souhaité, on peut néanmoins observer une hiérarchie. Nous sommes concentrés sur Kohaku qui est la disciple de Hisui, toutes deux des anges  (là aussi, veuillez m’excuser si je féminise une créature céleste) du Ciel, mais il existe d’autres anges affiliés à d’autres éléments naturels. Pardonnez-moi, mais je ne me souviens plus vraiment de leurs noms.

Pour terminer sur le scénario, je souhaiterais mettre en avant un thème. Cependant, je dois ici vous SPOILER. Une des thématiques que je ne m’attendais pas à entrevoir, mais qui, je vous rassure, ce prête amplement à l’univers est, la réincarnation. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet, mais je l’ai trouvé très bien apprêté à la situation et même plutôt bien immiscée. 

  • La touche graphique :

Comme je le disais plus haut, vous avez des pages couleurs à chaque début de tomes. Et nous pouvons d’ambler remarquer la délicatesse avec lesquels les traits sont exécutés. D’ailleurs nous aurons de légers traits tout au long de l’histoire, avec de nombreux détails au niveau des ails. Mais aussi sur la chevelure et les vêtements. (Nous voyons bien ici certaines caractéristiques du shojo). Cependant je tiens à signaler que pour un manga classé dans ce genre, nous avons de nombreux arrières fonds, que l’on ne retrouve pas forcément dans tout type de shojos.

J’ai apprécié également les nombreux détails apportés à la maison de Kûdo, celle-ci est très spacieuse, confortable, et deviendra la résidence des personnages principaux de ce récit. Ainsi le graphisme arrive avec réalisme à retranscrire la plénitude et la joie qui peut y régner, et j’ai trouvai cela fort remarquable de la part de CLAMP.

C’est ainsi que s’achève ce dossier. Je n’ai malheureusement pas pu en parler d’avantage, sinon j’aurai dû vous spoiler encore d’avantage. Mais d’un point de vue général, je dirai que cette œuvre a su me transporter en dehors des frontières du réel, mêlant avec finesse les esprits célestes et les êtres surnaturels. Et montrant ainsi que, même au-delàs des différences, chacun peut trouver l’amour et l’épanouissement.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette ébauche séraphique.

Cordialement, Euphox.

Dusk Maiden Of Amnesia

Quand le scénario entremêle enquête et légendes urbaines !

Aujourd’hui, je me vêtis de mon chapeau de détective – et de mon thé bien sur – pour entreprendre l’analyse de la série Dusk Maiden of Amnesia.  J’ai découvert cette série par l’intermédiaire de Selvarion Senpai, vidéaste très sympathique au passage. J’ai toujours était attirée par ce qui touche, de près comme de loin, aux légendes urbaines. Et étant une adepte de Sherlock Holmes (lisez les aventures de Arthur Conan Doyle !) , forcément le fait que les protagonistes allaient mener leur investigation ne pouvait que me séduire. Alors, si jamais vous êtes prêts à commencer l’enquête, allons-y de bon cœur.

Pour tous ceux qui ne connaîtraient nullement cette série, ou qui auraient oublié, voici une piqûre de rappel. Cette oeuvre a été scénarisée et dessinée par le duo Maybe, édité en France par les éditions Kana et comptabilise au total 10 tomes. Je pense que vous commencer à être habitué, mais au cas ou, je tiens à le repréciser. Je procède toujours selon le même schéma narratif. Je parlerai dans un premier temps, de l’esthétique de l’oeuvre. Puis dans un deuxième temps, je m’exprimerai sur le scénario, et enfin je terminerai par le graphisme.

  • La touche esthétique : 

Vu le prix du tome (7.45€), je me devais de faire un point sur la beauté de cette oeuvre. Honnêtement chacune des dix couvertures est d’une beauté sans pareille. Chaque couverture met en évidence Yûko dans différentes situations, et à des moments précis de la journée. De plus – je suis d’accord – cela reste minimaliste, mais vous avez une page couleur à chaque début de tome. Le papier quand à lui est plutôt souple, lisse et agréable au toucher.

  • La touche scénaristique :

Bien, on ne va pas se mentir, la trame de l’histoire n’a rien de nouveau. Elle est même assez présente dans la sphère de la bande dessinée japonaise. Certes, cependant, elle apporte néanmoins une touche de fraîcheur. En effet, pour résoudre le mystère autour de la mort de Yûko, les scénaristes n’ont pas joué la carte de la facilité (dans le sens où, par on ne sait quel hasard, le protagoniste trouve LA solution de l’énigme, et, hop dans un même temps signe la fin du récit.) Non ici, on va se mettre à la place de Teiichi, et réfléchir comme un enquêteur en herbe. Chaque tome apportera son lot de réponse, et petit à petit, l’ensemble prendra forme.

La mort de la défunte va être matérialisée comme un puzzle, ou chaque pièce correspondra à une légende urbaine, plus communément appelé folklore. Bien que la plupart de ces légendes (voir la totalité, je ne sais plus) se passent au sein de l’école. Ces histoires urbaines seront amenées de sorte à ce que nous trouvions nous-même (par l’intermédiaire de Teiichi) l’explication la plus plausible. Il est vrai que les Japonais sont plutôt avides de ce genre d’histoire. Et c’est justement un élément qui sera un atout au sein du récit.

En effet, cela va permettre de ne pas avoir une lecture redondante, et de varier les différentes péripéties, menant à la conclusion de la série. Bien que la mise en place des différents folklores se fasse selon le même procédé narratif, cela ne gêne en rien la lecture, puisque nous avons l’intervention de personnages secondaires plutôt variés. Et ceci est un élément plutôt important. J’avais moi-même peur, au fil des tomes de me lasser, mais à ma plus grande surprise ce ne fut pas le cas.

cover
Couverture du tome 7 : Je trouvais qu’elle s’incorporait bien en ce temps hivernal.

Cette diversité au sein de l’histoire me surprend davantage par le nombre de figurants. Cette oeuvre a la particularité de ne pas intégrer une multitude de personnages. En tout cas concernant les protagonistes, ils ne sont que quatre (en comptant Yûko), c’est-à-dire les membres du club des enquêtes paranormales. Bien évidemment, il y a d’autres figurants, mais ceux-là ne sont pas nécessaire à la trame de l’histoire.

De plus, je dirai que Maybe a le don de laisser planer l’intrigue. Peu importe à quel moment de l’histoire nous nous situons. Ils arrivent à attiser cette curiosité. Celle de résoudre l’énigme. Car oui, au fil des tomes, on endosse réellement le rôle de détective, et plus proche de la vérité nous sommes, plus vite nous souhaitons terminer le récit. Réaction des plus  cohérentes me direz-vous. Mais c’est sur ce procédé que le récit fonctionne et évite de tourner dans le pathos.

Cependant, rien n’est parfait n’est-ce pas ? Alors oui j’ai deux ou trois choses à redire. Je pense que cette oeuvre aurait pu être encore plus plaisante si cette pseudo-amourette entre Yûko et Teiichi avait été inexistante. Honnêtement Maybe aurait pu trouver mieux comme « motivation » pour Teiichi. Je sais pas moi, un élève réellement intrigué par les événements paranormaux, et qui, simplement par passion aurait souhaité aider la jeune fille. Mais non, il a fallu que le protagoniste soit des plus crédule et naïf sur ce point-là. Et de l’autre nous avons une Yûko des plus dévergondées et envahissantes. Je dois avouer que, à pas mal de reprise, leur relation m’exaspérai.

De plus, la fin m’a très peu convaincu. Honnêtement Maybe aurait très bien achevé Dusk Maiden Of Amnesia au neuvième opus, cela ne m’aurait nullement dérangé. Je trouve que la fin perd énormément de cohérence. Surtout si on la compare avec le fil conducteur du récit. Cela perd tout son sens, et j’ai eu cette impression d’inachèvement. Comme si finalement, le fait d’avoir trouvé la raison de la mort de Yûko n’avait eu aucun impact sur sa condition de fantôme.

  • La touche graphique : 

Je tiens avant toute chose à signaler que je n’ai pas visionné l’anime. Je ne pourrai donc faire aucune comparaison. Concernant le manga, le graphisme va permettre de nuancer le ton des événements au fil de l’intrigue. Certains passages seront plutôt candides et innocents, tandis que d’autres évoqueront des émotions plus moroses et sinistres. D’un point de vue global, le coup de crayon de Maybe (bien qu’on ne sache pas comment ces deux compères travail) reste agréable, et plaisant à contempler.

Ici, nous pouvons apercevoir une Yûko des plus douces et joyeuses. Ainsi que Momoe Okonogi et  Kirie . Après avoir feuilleté brièvement les différents tomes, je me suis rendu compte que nous avions que très peu de planches, reflétant cette ambiance candide. En effet, tout au long de l’oeuvre nous aurons la plupart du temps des arrière-fonds grisonnants. Et cela renforcera le côté très sombre et pénible de l’histoire. Ainsi même les situations les plus quotidiennes, et ne représentant aucun danger, restent tout de même accompagnées d’une certaine malaisance.

Les moments les plus sombres et sinistres, seront incontestablement liés au passé et à la mort de Yûko. Cela ne fait aucun doute. Mais cette maîtrise de l’ombre, tout en laissant visible l’effroi et l’anxiété des personnages, rend le tout réellement lugubre. Pour terminer, – pourquoi faut-il que je termine par les bémols ? – je dois dire que vous avez une idée très précise, de l’anatomie de Yûko à la fin de votre lecture. Maybe aurait très bien pu se passer de formes avantageuses pour la demoiselle. Ou alors, modérer l’apparition de cette poitrine. Je ne compte même plus le nombre de fois ou le blondinet plongea, tête la première dans cette poitrine –si généreuse soit-elle-. C’est sûrement ce qui m’a le plus irrité durant ma lecture. Le fan-service, cela va bien un moment.

Passé outre ce désagrément, la lecture reste fluide et plutôt convenable. Pour conclure cette analyse, je dirai que Dusk Maiden of Amnesia est plaisant à lire. C’est une série qui certes, ne sort pas de l’ordinaire, mais qui s’affranchit des nombreux stéréotypes que l’on peut faire sur ce genre de thématique. Et puis, si vous aimez mener l’enquête, cette série est faites pour vous.

Merci à vous, très chers lecteurs, d’avoir pris le temps de lire cette ébauche énigmatique.

Cordialement, Euphox.

La maison aux insectes – Le voeu maudit

Le genre horrifique selon Kazuo Umezu.

Bonjour (ou bonsoir), aujourd’hui parlons peu, mais parlons bien. J’ai découvert cet auteur lorsque j’ai commencé à m’intéresser au genre horrifique. Dans un premier temps, avec Suehiro Maruo excellent dans le genre Ero guro. Puis, Kazuo Umezu par la suite. Après m’être adonné à La Maison aux insectes et Le vœu maudit, je souhaitais vous parler un peu plus de cet auteur. Je ne peux pas mentir, ce qui m’a attiré avant tout, c’est le charme esthétique de ces deux opus. Sans même ouvrir les pages, on peut ressentir une certaine appréhension vis-à-vis du dessin, ou même un certain repoussement.

  • Le découpage 

C’est l’essence même de toute la tension que l’on peut ressentir au fil de la lecture. Le fait que ces cases soient bien distinctes, traduit une certaine appréhension de regarder la suivante. Ainsi, nous avançons donc à un rythme souhaité par l’auteur, et de ce rythme décousu, en découle ainsi toutes les étapes avant le moment fatidique. Case par case, la peur, le frisson, s’installe et nous submerge entièrement. Mais en même temps, nous avons cette curiosité qui nous incite à continuer le récit, même si nous savons pertinemment que la suite pourrait nous déplaire. Et c’est une situation que j’apprécie tout particulièrement. – en plus, j’ai toujours le don de commencer ses œuvres dans la soirée –

  • Le dessin 

Le dessin quant à lui est très reconnaissable. Et je suis assez partagée. D’un côté celui-ci reste simpliste dans l’ensemble, mais les nombreux détails qu’il apporte suffisent à retranscrire complètement l’état ou le sentiment dans lequel se trouve le personnage (ou la situation) –notamment la folie dans la maison aux insectes, ou l’effroi dans le vœu maudit – et s’en est même assez surprenant, voire déstabilisant. Je dois avouer que parfois je restais plusieurs minutes à observer la page, tellement l’émotion était communicante. D’ailleurs, on ressent que ces ouvrages ont été publiés dans les années 70. Il y a un petit quelque chose qui fait que. – je sais cela n’est pas très argumenté, mais c’est plus une question de ressenti, et je ne peux pas être plus pertinente que ça.

  • Le jeu d’ombre et de lumière :

Là aussi nous avons un énorme travail de la part de l’auteur. Bien qu’en général la plupart des histoires courtes soient très sombres, ou encrées de noir. La gestion des ombrages intensifie davantage la tension au sein du récit, et apporte de la lumière sur les éléments de l’histoire. Accentuant donc notre regard sur des objets, des onomatopées ou encore les traits des protagonistes. Cela est également mis en avant par les mouvements des personnages. Comme la première histoire de la maison aux insectes. Lorsque la femme fuit son mari, on ressent toute sa détresse et sa précipitation lorsqu’elle dévalise les escaliers. Bien que cet article soit court, j’espère néanmoins qu’il vous aura plu. Lorsque nous lisons une oeuvre de Kazuo Umezu, nous rentrons dans un tout autre univers. Et nous sommes envahis par de multiples sentiments, plus dérangeant les uns que les autres. Tout comme ses dessins. Cependant la morale qui s’en libère suffit à donner un tout autre sens au récit.

Merci à vous, très cher lecteurs, d’avoir pris le temps de lire cette ébauche frémissante.

Cordialement, Euphox.

Doukyusei – Sotsugyosei

 Doukyuusei , au gré des saisons.

Bonjour (ou bonsoir) à vous, très cher lecteurs. On se retrouve aujourd’hui avec ce premier article. Et pas des moindres, puisque c’est en ce début d’année que j’entreprends la lecture de mon premier Yaoi. Cette petite merveille est cependant récente. En effet, le premier volume est paru le 7 juillet 2016, aux éditions Boy’s Love dans la collection Hana Collection.  Prenez une tasse de thé ou un café, et commençons cet avis.


  • La touche esthétique : 

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Avant d’entreprendre une analyse de l’oeuvre en elle-même, je tenais à mettre un point d’honneur sur le graphisme et l’esthétisme des 3 tomes de cette série. Que ce soit la première de couverture, riche en couleur, et avec nos deux protagonistes dans des situations du quotidien. Ou la 4 ème de couverture, qui a un charme particulier, entre le synopsis et l’agréable mise en page. Mais le plus travaillé reste sûrement l’élégance de la côte, avec la miniature d’un des personnages, le petit texte aux allures d’un poème, et le numéro du tome s’immiscent parmi le titre et le nom de l’auteur. Toutes ces délicates attentions donnent à l’oeuvre un esthétisme léger, complaisant et travaillé à la fois.

  • Le scénario :

Alors oui, quitte à parler de l’oeuvre, autant commencer par l’essentiel, l’histoire. Je dois avouer qu’au départ celle-ci me séduisait peu. Je l’a trouvé légèrement banal et déjà vu. Ce n’est que quelques semaines plus tard, dans le plus grand des hasards que j’ai visionné le film d’animation. Et là, j’ai eu une véritable révélation. Pour en être sûr, j’ai donc entrepris ma lecture.

Il faut le dire, ce petit quelque chose, était cette touche de poésie que l’on peut retrouver dans cette histoire pas aussi banal qu’on pourrait le penser. En effet, la relation entre ces deux hommes va naître de manière naturelle, sans trop se poser de questions, se laissant guider par leurs sentiments. Sentiment qui, au fil des pages, s’exprimera de manière différente.

Le point central de ce récit reste sans doute le passage à l’âge adulte, et toutes les conséquences et cheminements que cela entreprend. Notamment l’avenir après le lycée, et les questions qui l’accompagne. Entre l’un qui tente de rentrer dans une université de renom, et l’autre qui fuit le sujet, par manque de réponse et d’options, Hikaru et Rihito vont être confronté aux nombreux aléas de la vie.

Et c’est justement ça qui rend cette oeuvre aussi délicate et poétique. Car malgré toutes ses contraintes qui entravent leur couple, leur sentiment eux, ne sont que plus sincère. On va donc suivre au fil des tomes toutes les situations que le duo sera amené à rencontrer. Des plus douces et innocentes, au plus déchirantes et tragiques.

doukyuusei

  • Le graphisme :

La première chose que l’on pourrait indiquer, c’est que les traits de Asumiko Nakamura sont des plus délicats, des plus fins et des plus travaillés. J’ai spécialement apprécié sa façon de découper l’histoire. Cela est fait de manière réfléchie et ça se ressent. La notion de découpage est vraiment importante pour tenir le lecteur en haleine et laisser l’intrigue planer. J’ai eu ce sentiment d’excitation tout au long des tomes. Elle accentue certaines parties du corps, certains regards, certains angles qui font que, inévitablement on en désire davantage.

Le graphisme quant à lui est particulier. Soit on adhère, soit on n’adhère pas. Et je pourrai comprendre la réticence de certains. Les personnages sont dessinés de façon disproportionnée, parfois « perdant » la morphologie humaine de base. Mais c’est là aussi tout ce qui rend cette oeuvre poétique et charismatique. Cet effet de disproportion rend les mouvements des personnages plus accentué, plus intense et plus profond. On ressent réellement le désir, le sentiment du personnage à travers ces gestes. Et je trouve ça splendide de ressentir ce genre de sensation simplement par des gestes, et non par la parole.

Sur ce, je ne souhaite pas en dire davantage, préférant vous laisser juger par vous-même. Retenez simplement que cette oeuvre est un mélange de délicatesse et de poésie.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette ébauche sucrée. 

Cordialement, Euphox.