Everyday

Quand le contraste se lie avec harmonie 

everyday - couvertureBonjour Ă  vous mes chers lecteurs, c’est en cette journĂ©e ensoleillĂ©e, bien qu’un peu venteuse, que je commence ces quelques lignes. Aujourd’hui nous allons parler d’une Ɠuvre que j’ai lu il y dĂ©jĂ  quelques semaines de ça. Ainsi, veuillez m’excuser par avance si mes propos restent superflus. Pour une fois, l’histoire ne me laissa pas indiffĂ©rente. Bien Ă©videmment plusieurs Ɠuvres ont cet effet, mais toujours de maniĂšre positive. Je ne dirais pas que le rĂ©cit en question ne m’a pas plus de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, mais disons que je n’ai pas forcĂ©ment rĂ©ussi Ă  m’attacher aux protagonistes. D’ailleurs cette chronique ne suivra absolument pas le cheminement classique, tel que je le fais d’habitude. Je vais laisser ici parler mes sentiments, mĂȘme si ceux-ci ne sont pas objectifs. Enfin, traite de bavardage, passons aux informations.

Nous allons bien Ă©videmment aborder l’un des rĂ©cits de Kiriko Nananan. Il s’agit d’Everyday, publiĂ© par Casterman dans leur collection sakka. Pour ceux qui souhaiteraient se remĂ©morer l’histoire, je vous laisse cliquer sur le lien. Cette Ɠuvre est donc composĂ©e d’un seul volume au prix unitaire de 10.95 €.

  • Un scĂ©nario insipide
 Ă  premiĂšre vue !

Alors, pour tout vous avouer, lorsque j’ai fait ma commande, je n’ai absolument pas regardĂ© le synopsis. J’étais dĂ©jĂ  admirative de la sensibilitĂ© que dĂ©gageait l’autrice par son coup de crayon, que peu importe l’histoire, celle-ci m’aurait convenu. Et ce fut le cas. En tout cas, je n’ai absolument rien Ă  reprocher Ă  l’auteure, elle ne m’a nullement déçu. J’ai mĂȘme retrouvĂ© toutes ses qualitĂ©s, mais j’ai eu Ă©normĂ©ment de mal avec les deux protagonistes.

Alors, tout commença dĂšs les premiĂšres pages. Nous faisons donc la rencontre de Miho, jeune femme travaillant en tant que vendeuse, et finance Ă  elle seule le mĂ©nage. Son petit ami Seiichi quant Ă  lui, se consacre essentiellement Ă  la musique. DĂšs le dĂ©part je savais que j’aurais Ă©normĂ©ment de distance avec ce personnage fĂ©minin. Et ceux, pour une raison tout Ă  fait personnelle : je ne cautionnais pas son cĂŽtĂ© laxisme envers son petit ami. Et la suite du rĂ©cit ne m’a pas fait l’apprĂ©cier davantage.

J’ai notamment dĂ©sapprouvĂ© sa lĂąchetĂ© envers Seiichi, lorsqu’elle s’est mise Ă  fleureter avec son ex, Hagio. En arriver Ă  un point oĂč l’on souhaiterait que ce soit notre petit ami qui mette un terme Ă  la relation (et c’est ce qui arrivera), sous prĂ©texte qu’elle n’avait pas le courage de le faire elle-mĂȘme, c’est vraiment dĂ©cevant. J’estime qu’à partir du moment oĂč tu fais un acte impardonnable, il faut agir en consĂ©quence de cause. Bien Ă©videmment, ce n’est que mon avis personnel. Certains diront qu’il vaut parfois mieux un mensonge, que rendre quelqu’un malheureux. Mais c’est toutes ces rĂ©flexions, ces comportements qui ont fait que je n’arrivais pas Ă  ressentir de l’empathie pour ce personnage.

« Ce que je fais avec Hagio, c’est peut-ĂȘtre aussi dĂ©gueulasse que ça
 Pourtant je voudrais tant prendre soin de Sei. Il est si important pour moi. Ma mauvaise conscience m’angoisse tellement, que je n’arrive mĂȘme plus Ă  le regarder en face. Quand je suis avec lui je me sens si mal que je n’ai qu’une envie, c’est de fuir. Si seulement Sei pouvait me flanquer dehors ! S’il ne voulait plus de moi, je pourrais rejoindre Hagio  »

Son petit ami quant Ă  lui, bien qu’il reste tout de mĂȘme secondaire, me plut « un peu plus ». Je veux dire par lĂ  que, lorsqu’il apprend qu’elle a eu un rapport sexuel pour de l’argent, j’ai cautionnĂ© son attitude. Mais en mĂȘme temps, je ne pouvais pas m’empĂȘcher de lui dire « Si tu avais cherchĂ© un emploi, vous en seriez peut-ĂȘtre pas la aujourd’hui ». Puisqu’une relation n’est jamais tout noir ou tout blanc, j’estimais qu’il avait tout de mĂȘme sa part de responsabilitĂ©.

Les autres personnages secondaires (je pense notamment Ă  la patronne de Miho, et leur « amie » en commun, travaillant comme hĂŽtesse dans un bar) m’ont Ă©normĂ©ment plu. Peut-ĂȘtre parce qu’elles sont davantage matures, et ont une vision de la vie beaucoup plus rĂ©aliste et peut-ĂȘtre plus pragmatique.

L’hĂŽtesse Rika, quant Ă  elle, m’a Ă©normĂ©ment touchĂ©e. On apprend que l’homme qu’elle entretenait auparavant Ă©tait l’ex petit ami de Miho, Hagio. Quand elle lui explique pourquoi elle a arrĂȘtĂ© de le « bichonner » , je n’ai pas pu m’empĂȘcher d’avoir de l’affection. Surtout qu’elle conseillera Miho sur ses diffĂ©rents choix.

Pour terminer, je suis Ă©normĂ©ment surprise de la fin, bien que j’ai Ă©tĂ© un peu dĂ©sappointĂ© au cours de ma lecture, j’ai totalement adhĂ©rĂ© Ă  la fin du rĂ©cit. Enfin, Seiichi prend conscience que leur mĂ©nage ne fonctionne plus, et prend les devants. Ainsi, on se sent nostalgique vers les derniĂšres pages, en repensant au couple qu’ils formaient malgrĂ© tout.

Sinon, pour parler un peu plus spĂ©cifiquement de Kiriko Nananan, j’ai apprĂ©ciĂ© son coup de crayon, trĂšs Ă©purĂ© et aĂ©rĂ©, avec des lignes filiformes et Ă©lancĂ©es. L’énonciation et la formulation sont poignantes, et avec une grande sensibilitĂ©. Car elle lie trĂšs finement ce contraste entre la candeur des sentiments et l’amertume de la vie quotidienne.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette Ă©bauche dĂ©licate.

Cordialement, Euphox.

Deathco – Tome 1

Chasseur de primes ! 

Eh oui, cela faisait un pdeath-co-1-castermanetit moment que je n’avais pas pianotĂ© sur mon clavier pour vous illustrer l’un de mes humbles avis, vis-Ă -vis d’une oeuvre en particulier. Et aujourd’hui j’inaugure les Éditions Casterman avec l’illustre Deathco. Ce titre retenait mon attention depuis plusieurs mois dĂ©jĂ , mais je n’avais encore jamais franchi le pas. Ceci Ă©tant fait, je vous invite, vous aussi, Ă  franchir (ou re franchir) ce fameux pas. Comme d’habitude pour ceux qui souhaitent se remĂ©morer le synopsis je vous laisse cliquer sur ce lien.  Ainsi, comme je le disais, ce titre de Atsushi Kaneko est publiĂ© aux Éditions Casterman dans la collection Sakka. À l’heure actuelle, 4 tomes sont parus en France, et la sĂ©rie comporte 5 tomes, toujours en cours, au Japon. Cet auteur et notamment connus pour son oeuvre prĂ©cĂ©dente « Wet Moon » qui me tarde de dĂ©couvrir Ă©galement. Alors, pour rentrer un peu plus dans le vif du sujet je dois dire que j’ai littĂ©ralement Ă©tais happĂ© par ma lecture. Les pages ont dĂ©filĂ© avec fluiditĂ©, et j’ai pris un grand plaisir Ă  lire ce premier opus. C’est une lecture qui me change grandement de mon quotidien. Bien que je m’intĂ©resse Ă  un peu prĂšs tous les « genres ». Cependant, cette oeuvre piqua une singularitĂ© avec le bande dessinĂ©e venant d’AmĂ©rique du Nord.

  • Quand un monde part Ă  la dĂ©rive : 

Autant le dire de suite, on se situe dans un monde alternatif, ou la dĂ©cadence est de rigueur et oĂč rĂšgnent la mort et l’horreur. Cependant cela est amenĂ© de maniĂšre tellement dĂ©mesurĂ©e que l’on se prend au jeu, et ressentons nullement un sentiment de culpabilitĂ© , ou de malaise vis-Ă -vis des diffĂ©rentes scĂšnes, tout aussi dĂ©glinguĂ© les unes que les autres.

Ceci est sĂ»rement dĂ» Ă  la rationalitĂ© des personnages. En effet, n’importe qui peut, Ă  tout instant, devenir un tueur Ă  gages. Ainsi, l’horreur et le danger sont des sentiments courant dans la vie quotidienne, et sont mĂȘmes encrĂ©s dans la sociĂ©tĂ©. C’est ainsi qu’on dĂ©couvre notre protagoniste, Deathco, une jeune adolescente gothique, qui vraisemblablement voue une haine inconditionnelle au monde entier.

Cette jeune demoiselle est plutĂŽt nonchalante, de par sa gestuelle, mais Ă©galement par le biais de son vocabulaire. Elle se contente, dans la majeure partie du tome, Ă  de courtes phrases, proclamant son prĂ©nom Ă  tout va. Elle reste discrĂšte et agit presque comme « un animal sauvage ». Elle fait partie, comme la plupart des chasseurs de primes que l’on peut dĂ©couvrir tout au long du rĂ©cit, Ă  une guilde dont les informations Ă   leur sujet sont assez furtives.

On assiste donc Ă  une vĂ©ritable boucherie suite Ă  la diffusion de la « proie du jour ». Plusieurs chasseurs ont Ă©tĂ© conviĂ© Ă  une mĂȘme mission. Et c’est ainsi qu’on dĂ©couvre que, des personnes lambda le jour, deviennent de vĂ©ritable assassin la nuit levĂ©e. Et croyez-moi, nous avons tout types de profils !

  • Un univers aux allures de comics : 

Alors, chose Ă©tonnante mais qui me frappa dĂšs le dĂ©but, c’est que je n’ai pas eu la sensation de lire un manga, avec les diffĂ©rents codes que l’on peut y retrouver, et toute la conventionnalitĂ© qui y est attrait. Et c’est sĂ»rement ce qui m’avait rebutĂ© Ă  sa sortie. Mais finalement, je dois dire que j’apprĂ©cie grandement.

Le chara design s’appuie notamment sur le noir et blanc, pour les fonds aux allures de bande dessinĂ©e amĂ©ricaine, mais Ă©galement les traits physiques des personnages. D’ailleurs ces traits physiques n’ont pas les codes que l’on retrouve dans la plupart des mangas.

Les arriĂšre fonds, sont eux aussi trĂšs atypiques. Tout comme les mouvements, traduit notamment par ce jeu d’ombres et de lumiĂšres aux accents comics. Les bulles, de par leurs formes non conventionnelles s’apparentent ainsi plus Ă  de la bande dessinĂ©e amĂ©ricaine.

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C’est ainsi qu’un scĂ©nario, bien qu’il soit quelque peu tirĂ© par les cheveux, reste trĂšs plaisant Ă  lire grĂące, justement Ă  ce monde alternatif, oĂč les mots « dĂ©jantĂ© » et « fĂȘlĂ© » sont choses courantes. Cet univers, aussi dĂ©traquĂ© soit-il est accentuĂ© par un chara design loin des conventions de l’archipel, rendant le tout trĂšs extravagant. Alors si vous ĂȘtes friands de thĂ©matiques plus dĂ©sinvoltes les unes que les autres, je vous laisse devenir la proie de Melle Deathco !

 Merci Ă  vous, d’avoir pris le temps de lire cette Ă©bauche impertinente !

Cordialement, Euphox.