Tokyo Alien Bros (1Ăšre partie)

Quand deux aliens font une rétrospection sur la nature humaine ! 

Tokyo-alien-bros-1-lezard-noirBonjour Ă  tous, j’espĂšre que vous passez un excellent dĂ©but de semaine ! Pour ma part, je suis tout Ă©moustillĂ©e Ă  l’idĂ©e de rĂ©diger cette chronique. Je pensais mĂȘme Ă  certains moments, aux Ă©lĂ©ments que j’allai incorporer au cours de ma lecture, c’est pour dire ! Il s’agit d’une Ɠuvre pour le moins rĂ©cente, puisque sa sortie a eu lieu aujourd’hui mĂȘme (04.05.17) Et je ne vous raconte pas toutes les pĂ©ripĂ©ties que j’ai eues pour, enfin, avoir accĂšs Ă  cette Ɠuvre ! Il s’agit bien Ă©videmment du premier tome de Tokyo Alien Bros, scĂ©narisĂ© et dessinĂ© par Keigo Shinzo, publiĂ© par Le LĂ©zard Noir. Avant de commencer je tiens Ă  prĂ©ciser, (mĂȘme si cette information est dĂ©jĂ  dĂ©finie dans la rubrique) que cet article contiendra du spoil , donc si vous n’avez pas encore lu le rĂ©cit, je vous conseille de revenir, une fois cela fait. Mais si le spoil vous convient, libre Ă  vous de continuer. Donc TAB (Tokyo Alien Bros) est une sĂ©rie en cours avec 3 tomes Ă  la clĂ©. Le premier tome est au prix unitaire de 13 €. Alors, pour cet opus je compte vous faire une analyse chronologique, en reprenant les diffĂ©rents points qui m’ont marquĂ© au cours de ma lecture. Ainsi, ce que l’on peut apercevoir au premier coup d’Ɠil est cette sublime couverture ! N’est-elle pas pimpante ? À  l’image de nos deux protagonistes. MĂȘme si cela n’est pas trĂšs Ă©cologique, je tiens Ă  vous informer que le rĂ©cit est plastifiĂ©, chose plutĂŽt sympa, ainsi celui-ci n’est pas abĂźmĂ© Ă  chaque recoin.

Nous faisons donc la rencontre de Fuyunosuke Tanaka, un alien « infiltré » sur Terre, pour dĂ©terminer si leur espĂšce pourrait s’y installer. Et de prime abord, celui-ci est plutĂŽt bien stylĂ©, mĂȘme si on se rend compte dĂšs le dĂ©but, que la ponctualitĂ© n’est pas de son ressort.  On apprend qu’il fait partie d’une bande d’amis nommĂ©e « club des amis de la raquette », et donc on en dĂ©duit facilement que celui-ci s’est bien intĂ©grĂ© auprĂšs de ses concitoyens.  On constate par la mĂȘme occasion que Fuyunosuke Ă  la cote auprĂšs des autres, et ne tarde pas Ă  fleureter avec la gent fĂ©minine. Il a la facultĂ© de pouvoir connaĂźtre les faits les plus inavouables, ainsi que le passĂ© d’un humain, Ă  son simple contact.

Et j’ai Ă©tĂ© surprise par le fait que, la jeune demoiselle en question apprĂ©cie qu’autrui se dĂ©lecte de son urine. Je vous avouerai avoir eu un moment de rire, parce que, c’est lĂ  toute la force du rĂ©cit. L’humour et son cĂŽtĂ© dĂ©calĂ©. La situation aura beau ĂȘtre assez dĂ©licate (comme celle-ci) l’humour et la naĂŻvetĂ© de notre personnage, (qui apparemment n’a aucune idĂ©e de ce qu’il boit) rend le tout trĂšs comique. Et j’ai Ă©tĂ© trĂšs sensible Ă  ce mĂ©lange.

C’est ainsi qu’on dĂ©couvre le frĂšre du jeune blond, sous sa forme aliĂšne (et mon dieu que celle-ci est toute mignonne !) Celui-ci est descendu sur Terre parce que son frĂšre n’a pas fait de rapport Ă  leur planĂšte depuis 
 Depuis son arrivĂ©e en fait  J’ai apprĂ©ciĂ© d’ailleurs sa forme humaine (en touchant la jeune fille qui fut inconsciente aprĂšs l’avoir remarquĂ©, il prend l’apparence du jeune frĂšre idĂ©al qu’elle aurait souhaitĂ©, et celui-ci peut Ă©galement effacer certains Ă©lĂ©ments de sa mĂ©moire).  De ce fait, je trouve ça trĂšs subtil et judicieux de nous dĂ©tailler les facultĂ©s des aliens de maniĂšre progressive. Nous n’avons donc pas, dĂšs le dĂ©but, une grande quantitĂ© de connaissance Ă  assimiler et retenir durant la lecture.

Je ne vais pas vous dĂ©tailler toutes les pĂ©ripĂ©ties (cela serait trop long), mais au fil de la lecture, nous comprenons que NatsutarĂŽ Tanaka, (c’est ainsi que le jeune blond baptisa son frĂšre) n’est pas trĂšs dĂ©gourdi, et enchaĂźne les catastrophes. Mais j’ai apprĂ©ciĂ© ce personnage, car au travers de cet alien inexpĂ©rimentĂ©, nous redĂ©couvrons, nous lecteurs, toutes les habitudes, les anecdotes, et les coutumes de notre espĂšce. Ainsi, nous pouvons avoir un « regard extĂ©rieur » sur notre comportement, et notre nature mĂȘme. Et cela est fort intĂ©ressant !

La petite anecdote qui accentue la touche humoristique : S’il rentre en contact avec une grande quantitĂ© de sel, leur corps se met Ă  fondre !

Car quand bien mĂȘme Fuyunosuke s’est habituĂ© Ă  la vie humaine, certaines choses Ă©chappent encore Ă  sa comprĂ©hension (cf : le bouquet de fleurs dans la figure, mĂȘme si je dois avouer qu’elle Ă©tait plutĂŽt susceptible cette jeune femme), mĂȘme aprĂšs 1 an d’infiltration. Et c’est lĂ  que l’on se rend compte de toute la complexitĂ© humaine, et du monde que nous bĂątissons.

J’ai apprĂ©ciĂ© Ă©galement la notion « d’animaux de compagnie ». Que voulez-vous, je suis une amoureuse de ces boules de poiles ! Bien que pour les aliens, ils ne font aucune diffĂ©rence,  je cite : « pour nous un frisbee ou un chien c’est la mĂȘme chose ». Cependant lorsque « Le chien » s’installe sur les genoux de NatsutarĂŽ, l’expression du (jeune homme ?) est remarquablement adorable ! Et on s’attache ainsi un peu plus au personnage, parce que la scĂšne influence notre jugement ! (Pour la plupart des gens, la planche au dessus ne peut que les Ă©moustiller !)

Chose qui me frappa Ă©galement, c’est le niveau de langue, un mixte entre le langage courant et familier. Mais cela passe trĂšs bien, et se fond parfaitement Ă  l’histoire et Ă  notre Ă©poque actuelle !

Le graphisme quant Ă  lui est Ă  la fois Ă©purĂ© et raffinĂ©, mĂȘme si je dois avouer que certaines planches sont gracieusement dĂ©taillĂ©es, pour mon plus grand bonheur, c’est un dessin qui convient parfaitement Ă  l’histoire, et au sentiment qui s’en dĂ©gage.

Il y a de nombreuses anecdotes, ou coutumes que je n’ai pas citĂ©es, mais pour ceux qui n’auraient pas encore lu l’histoire, je tiens Ă  laisser une pointe de surprise. Ainsi pour rĂ©sumer en quelques lignes, je dirai que cette Ɠuvre dĂ©calĂ©e, tout en amenant une pointe de fraĂźcheur, nous replonge dans la nature profonde qu’est l’ĂȘtre humain, et sa façon d’ériger le monde qui l’entoure.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette rubrique dĂ©gantĂ©e !

Cordialement, Euphox !

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La maison aux insectes – Le voeu maudit

Le genre horrifique selon Kazuo Umezu.

Bonjour (ou bonsoir), aujourd’hui parlons peu, mais parlons bien. J’ai dĂ©couvert cet auteur lorsque j’ai commencĂ© Ă  m’intĂ©resser au genre horrifique. Dans un premier temps, avec Suehiro Maruo excellent dans le genre Ero guro. Puis, Kazuo Umezu par la suite. AprĂšs m’ĂȘtre adonnĂ© Ă  La Maison aux insectes et Le vƓu maudit, je souhaitais vous parler un peu plus de cet auteur. Je ne peux pas mentir, ce qui m’a attirĂ© avant tout, c’est le charme esthĂ©tique de ces deux opus. Sans mĂȘme ouvrir les pages, on peut ressentir une certaine apprĂ©hension vis-Ă -vis du dessin, ou mĂȘme un certain repoussement.

  • Le dĂ©coupage 

C’est l’essence mĂȘme de toute la tension que l’on peut ressentir au fil de la lecture. Le fait que ces cases soient bien distinctes, traduit une certaine apprĂ©hension de regarder la suivante. Ainsi, nous avançons donc Ă  un rythme souhaitĂ© par l’auteur, et de ce rythme dĂ©cousu, en dĂ©coule ainsi toutes les Ă©tapes avant le moment fatidique. Case par case, la peur, le frisson, s’installe et nous submerge entiĂšrement. Mais en mĂȘme temps, nous avons cette curiositĂ© qui nous incite Ă  continuer le rĂ©cit, mĂȘme si nous savons pertinemment que la suite pourrait nous dĂ©plaire. Et c’est une situation que j’apprĂ©cie tout particuliĂšrement. – en plus, j’ai toujours le don de commencer ses Ɠuvres dans la soirĂ©e –

  • Le dessin 

Le dessin quant Ă  lui est trĂšs reconnaissable. Et je suis assez partagĂ©e. D’un cĂŽtĂ© celui-ci reste simpliste dans l’ensemble, mais les nombreux dĂ©tails qu’il apporte suffisent Ă  retranscrire complĂštement l’état ou le sentiment dans lequel se trouve le personnage (ou la situation) –notamment la folie dans la maison aux insectes, ou l’effroi dans le vƓu maudit – et s’en est mĂȘme assez surprenant, voire dĂ©stabilisant. Je dois avouer que parfois je restais plusieurs minutes Ă  observer la page, tellement l’émotion Ă©tait communicante. D’ailleurs, on ressent que ces ouvrages ont Ă©tĂ© publiĂ©s dans les annĂ©es 70. Il y a un petit quelque chose qui fait que. – je sais cela n’est pas trĂšs argumentĂ©, mais c’est plus une question de ressenti, et je ne peux pas ĂȘtre plus pertinente que ça.

  • Le jeu d’ombre et de lumiĂšre :

LĂ  aussi nous avons un Ă©norme travail de la part de l’auteur. Bien qu’en gĂ©nĂ©ral la plupart des histoires courtes soient trĂšs sombres, ou encrĂ©es de noir. La gestion des ombrages intensifie davantage la tension au sein du rĂ©cit, et apporte de la lumiĂšre sur les Ă©lĂ©ments de l’histoire. Accentuant donc notre regard sur des objets, des onomatopĂ©es ou encore les traits des protagonistes. Cela est Ă©galement mis en avant par les mouvements des personnages. Comme la premiĂšre histoire de la maison aux insectes. Lorsque la femme fuit son mari, on ressent toute sa dĂ©tresse et sa prĂ©cipitation lorsqu’elle dĂ©valise les escaliers. Bien que cet article soit court, j’espĂšre nĂ©anmoins qu’il vous aura plu. Lorsque nous lisons une oeuvre de Kazuo Umezu, nous rentrons dans un tout autre univers. Et nous sommes envahis par de multiples sentiments, plus dĂ©rangeant les uns que les autres. Tout comme ses dessins. Cependant la morale qui s’en libĂšre suffit Ă  donner un tout autre sens au rĂ©cit.

Merci Ă  vous, trĂšs cher lecteurs, d’avoir pris le temps de lire cette Ă©bauche frĂ©missante.

Cordialement, Euphox.