A Silent Voice

gif 2

A    S  I  L  E  N  T    V  O  I  C  E

Bonjour (ou bonsoir) √† tous. J‚Äôesp√®re que vous allez bien. Quant √† nous, on se retrouve pour un th√®me que je n‚Äôai pas l‚Äôoccasion de r√©diger quotidiennement. Aujourd‚Äôhui, nous allons nous int√©resser √† un film d‚Äôanimation. Si j’ai souhait√© visionner ce film en particulier, c’est notamment pour le th√®me abord√©, concernant de nombreuses personnes dans cette vaste plan√®te. Mais qui, encore aujourd’hui ont du mal √† s’int√©grer dans cette soci√©t√© √©litiste. Je parle bien entendu des malentendants, dont la talentueuse OIMA Yoshitoki expose dans son oeuvre « A Silent Voice » s√©rie termin√©e en 7 tomes, publi√© par les √©ditions Ki-oon. Mais ici, nous nous concentrerons sur l’adaptation cin√©matographique de cette oeuvre.

Koe no Katachi, ou « A Silent Voice » est produit par les studios¬†Kyoto Animation, qui ont notamment produit les animes K-ON et Clannad. Le Character Designer,¬†NISHIYA Futoshi, quant √† lui, est √©galement √† l’origine du design de l’anime Free! Pour ce qui est du r√©alisateur,¬†YAMADA Naoko, a particip√© au projet de K-ON. Ainsi, avec une telle √©quipe, le travail ne peut √™tre que sublime et admirable.

Pour ce qui est de mon avis, je dois avouer que je suis plut√īt partag√©e. J’ai √©t√© enthousiaste les premi√®res 45 minutes, puis la suite, bien qu’elle f√Ľt tr√®s po√©tique et touchante, s’√©loigna au fur et √† mesure du th√®me principal, et ceci est fort dommage. Je ne vais pas reprendre les √©l√©ments du film un √† un, mais simplement citer ceux qui m’ont soit personnellement touch√©s, ou que j‚Äôestime n√©cessaires de discuter avec vous. Alors, que dites-vous de refaire une analyse ?

 

P ¬†R ¬†E ¬†M ¬†I ¬†√ą ¬†R ¬†E ¬† ¬†P ¬†A ¬†R ¬†T ¬†I ¬†E

 

  • Une rencontre, un commencement :¬†

Alors, j’ai trouv√© ce premier moment cl√© tr√®s int√©ressant, et retranscris √† la perfection. Que ce soit sa pr√©sentation, ou la r√©action de ses futurs camarades de classe. La plupart d’entre-eux sont surpris. Naturel me direz-vous pour des enfants de primaires, mais c’est une r√©action que l’on retrouve √©galement chez les adultes. Nous pouvons observer durant les premi√®res minutes que cette petite fille est sensible et bienveillante. Mais je dois avouer que je n’imaginais pas la suite des √©v√©nements.

Effectivement, la violence morale et physique infligeait √† Nishimiya m’a √©norm√©ment troubl√©e, et choqu√©e, sachant que je ne m’y attendais pas. (La sc√®ne si-dessus m’a profond√©ment remu√©e). Je ne pensais pas que des enfants de primaires, √Ęg√©s d’une dizaine d’ann√©es pouvaient avoir un comportement des plus col√©reux et extr√™mes.

D’autant plus que, (personnellement) je n’ai pas compris l’origine de ces tourments. Notamment de la part de notre protagoniste, Ishida. Celui-ci est v√©ritablement un enfant un probl√®me, turbulent et principal fauteur de troubles. Il n’a aucun scrupule √† faire de Nishimiya son souffre douleur. De ce fait, je peux comprendre que, s’attaquer √† plus faible que soit peut √™tre source de motivation. Mais il y avait quelque chose de plus profond, et je n’ai pas su mettre la main dessus !

  • L‚Äô√©l√©ment d√©clencheur :

Rencontre lycée

Suite au d√©part pr√©cipit√© (mais compr√©hensible) de Nishimiya de l’√©cole primaire, l’annonce au sein de la classe poussa les √©l√®ves √† se retourner contre le leader de la classe : Ishida. Ainsi, durant le reste de son cycle scolaire, il subira toutes les j√©r√©miades et comportements moqueurs, que le jeune gar√ßon exer√ßait envers la jeune fille. Je trouve que ce retournement de situation est √† l’image des enfants de cet √Ęge, et de notre soci√©t√©. Bien que chacun √©tait passif vis-√†-vis des nombreuses brimades infligeaient √† Nishimiya, personne n’a eu le courage de stopper ce cycle. Les enfants sont souvent apeur√©s, ou deviennent souffre douleur √† leur tour, si jamais ceux-ci prennent parti du camp adverse (cf Sahara). Et malheureusement cela est toujours d’actualit√©. Encore trop d’enfants sont victimes de harc√®lement au sein de leur √©tablissement scolaire !

Suite √† ces faits, 5 ans passent, et Nishida, par regrets et culpabilit√© apprend le shuwa (langue des signes) pour pouvoir obtenir le pardon de Nishimiya. D’ailleurs, lors de leur deuxi√®me rencontre, comme vous pouvez le voir ci-dessus, la jeune fille n’est absolument pas rancuni√®re, et cela m’a l√©g√®rement refroidi. Car arriv√© √† ce stade, j’avais peur d’avoir un protagoniste f√©minin platonique et impersonnel. M√™me si ce sentiment restera de c√īt√© pendant le reste du film, j’ai √©t√© touch√©e par sa g√©n√©rosit√© et sa bont√©.

  • Un sentiment a priori anodin :

UENO NISHIMIYA

Alors, j’estime que discuter de cette pseudo-relation entre Nishimiya et Ueno est importante. J’ai pris le temps, au cours du visionnage, d’√™tre attentive aux propos de chacune. Parce que, en effet, Ueno ne supporte pas Nishimiya. Au d√©part je pensais que ceci √©tait par amusement. Il faut dire que ce n’√©tait pas une enfant de chŇďur, et qu’elle prenait un malin plaisir √† la rabaisser ou lui rendre la vie impossible, au m√™me titre que notre protagoniste. Mais ensuite, je me suis rendu compte que cela √©tait encore plus pu√©ril. Je dois avouer que j’ai eu √©norm√©ment de mal avec ce personnage, plut√īt froid et √©go√Įste. ¬†Son c√īt√© m√©prisant et distant envers Nishimiya √©tait simplement par jalousie. La brune¬†n’a jamais v√©ritablement cherch√© √† comprendre Nishimiya, ni √† devenir son amie. Elle √©tait consciente de ce qu’elle faisait (l‚Äôignorer, ou r√©pandre des propos n√©fastes √† son √©gard). Et au fil du temps, je ne pouvais plus la supporter. Quand bien m√™me sa col√®re √©tait justifi√©e (au moment o√Ļ Ishida est √† l‚Äôh√īpital), son comportement violent √† l’√©gard de Nishimiya m’a profond√©ment offusqu√©. Car √† l’instar d’Ishida, elle n’a jamais ressenti la moindre culpabilit√© et n’h√©site pas √† d√©clarer, 5 ans apr√®s les faits :  » Si Nishimiya-san n’√©tait pas l√†, on serait heureux« . Je pense que c’est √† ce moment-l√† que j’ai d√©sapprouv√© Ueno.

Concernant Nishimiya, son sentiment d’abandon et de rejet √† s√Ľrement √©tait le d√©but de sa tentative de suicide. Bien qu’elle soit amicale, g√©n√©reuse et affectueuse, cela n’en reste pas moins une apparence. Les nombreuses brimades et harc√®lement influent forc√©ment le moral. Mais je reste persuad√© que les propos d’Ueno dans la grande roue, ont √©t√© l‚Äô√©l√©ment d√©clencheur. (Notamment rendre Nishimiya responsable de la perte des amis d’Ishida). Et c’est s√Ľrement √† cause de tous ces √©v√©nements quelle en est arriv√© √† se d√©tester !

  • Le cahier, tout un symbole :

la cahier

Le gif ci-dessus est un moment que j’ai grandement appr√©ci√© au cours du film. Car cet objet r√©v√®le une multitude de notions au sein du long-m√©trage :

  • Un moyen de communication :

C’est la principale fonction de ce cahier mais, il refl√®te l’√©volution de l’√©tat d’esprit des camarades de classe de Nishimya. En effet, au d√©but, chacun est intrigu√© par ledit cahier. Communiquer avec quelqu’un par √©crit n’est pas choses courante. Les enfants ont donc port√© un int√©r√™t particulier √† cet objet. Mais, au fur et √† mesure, ils ont commenc√© √† se lasser d’√©crire, et on m√™me refuser d’apprendre le shuwa. Ils se sont donc d√©sint√©ress√©, et ont ainsi montr√© leur indiff√©rence √† l’√©gard de la jeune fille.

  • Une culpabilit√© :

Le jeune Ishida avait jet√© le cahier dans un bassin d’eau (√† l’√©cole primaire). Mais puisque celui-ci avait subi les m√™mes tourments, par regret il avait conserv√© durant ces 5 ann√©es le cahier de la jeune fille, et avait √©t√© source de r√©demption. Ainsi, √† ce moment-l√† pr√©cis, lorsque le cahier tomba dans la rive d’eau, cela marqua le d√©but d’une nouvelle √©tape pour Ishida et Nishimiya. Mais il appuya √©galement le d√©but de ma deuxi√®me partie …

  • Le langage des signes :

Cette notion est tr√®s pr√©sente, durant toute la dur√©e du film. J’ai appr√©ci√© ce langage, qui donne un tout autre sens √† la parole verbale et √† la communication. Nous ressentons en permanence la signification de chaque mot, et leur importance. Que chaque parole prononc√©e peut avoir un impact sur un individu quelconque. Et que le langage des signes est une fa√ßon po√©tique de communiquer ! J’aimerai moi-m√™me apprendre ce langage, ayant d√©j√† c√ītoy√© des malentendants, bien qu’ils puissent lire sur les l√®vres, l’√©change n’est pas le m√™me.

Car oui l’√©change est important. Ici, Ishida ne peut pas fuir Mishimiya, lorsqu’il s’adresse √† elle, il est oblig√© de lui faire face, et de la contempler, ce qui rend la relation beaucoup plus empathique et sinc√®re. Ainsi lorsque Ueno refuse de communiquer avec le cahier (ne parlant pas le langage des signes) lors du tour de grande roue, elle refuse volontairement la diff√©rence de Mishimiya, et j’ai trouv√© ce comportement des plus blessants.

 

D ¬†E ¬†U ¬†X ¬†I ¬†√ą ¬†M ¬†E ¬† ¬†P ¬†A ¬†R ¬†T ¬†I ¬†E

 

Je ne vais pas extrapoler comme la premi√®re, sachant que la partie ce-dessus contient tous les √©l√©ments novateurs et les diff√©rents points forts de ce long m√©trage. Cette deuxi√®me partie refl√®te mon ressenti vis-√†-vis de la seconde partie du film. (apr√®s 1h20 de diffusion). Effectivement, le film prend la tournure d’un m√©lodrame. Suite √† la tentative de suicide de Mishimiya, Ishida se retrouve dans le coma apr√®s l’avoir sauv√© in-extremis. Et √† partir de ce moment, le th√®me de la diff√©rence, de la communication, ou m√™me les probl√®mes d’auditions de la jeune fille ne sont plus √©voqu√©s.¬†J’ai trouv√© cela fort dommage que les th√®mes cl√©s de l’oeuvre de¬†OIMA Yoshitoki ne soient plus aussi pr√©sents, et « d√©laiss√©s » pour se tourner vers un sc√©nario classique. Certes, √† la fin les p√©ch√©s d’Ishida sont rachet√©s, et celui-ci reprend un nouveau d√©part aux cot√©s de ces nouveaux amis, mais la frustration n’en est pas plus att√©nu√©e.


 

Enfin , mon avis s’ach√®ve. Je n’ai pas pus narrer toutes les notions qui m’ont marqu√©, ou les √©v√©nements int√©ressants. Cela aurait √©t√© beaucoup trop long. Mais pour quelqu’un qui n’a pas encore lu l’oeuvre originale (oui, un jour je le ferais, promis!) ¬†je suis pass√©e par tous les sentiments que l’on peut √©prouver, et ai √©t√© r√©ellement √©mue par ce film d’animation, dont le th√®me principal est beau et touchant. Si jamais vous h√©sitez encore, je vous le conseil fortement !

Merci d’avoir pris le temps de lire cette √©bauche h√©t√©roclite.

Cordialement, Euphox.